Thrips

Les thrips sont des insectes très discrets mais qui peuvent faire des dégâts importants et on les rencontre de plus en plus souvent sur les plantes d’intérieur. Ce sont des insectes piqueurs/suceurs qui se nourrissent de la sève des végétaux et qui sont susceptibles de véhiculer des virus.

Ils font partie de l’ordre des Thysanoptères et de la famille des Thripidées. En France, les espèces les plus communes sont Thrips tabaci, Frankliniella occidentalis et Echinothrips americanus mais il en existe de nombreuses autres.

La détermination des espèces de thrips se fait uniquement au stade adulte et suivant divers critères comme le nombre d'articles antennaires, la couleur ou la répartition sur la plante.

Les thrips sont polyphages et peuvent se rencontrer sur de nombreuses plantes différentes. Les larves sont très mobiles et parfois difficiles à repérer au début d’une invasion. Les adultes sont ailés et peuvent aisément se déplacer et même arriver de l’extérieur. La nymphose peut se faire dans le sol mais pas nécessairement suivant les espèces. Les œufs sont pondus dans le limbe des feuilles voire les tiges.

Pour en savoir plus sur ces bestioles, voici un chouette article tiré de la revue "Insectes" que vous pouvez retrouver ICI.

Selon mes observations chez de nombreux particuliers mais aussi chez des professionnels ou sur le net, l'espèce la plus commune en intérieur est Echinothrips americanus. Elle est de couleur foncée avec la base des ailes plus claire et fait son cycle biologique uniquement sur le feuillage des plantes. Elle est aussi peu attirée par les pièges englués bleus.

Les symptômes

-perte de vigueur de la plante

-déformation des jeunes pousses

-avortement des fleurs

-tâches sur le feuillage

-traces argentées typiques accompagnées de petites taches noires (déjections)

Echinothrips americanus
Comment lutter ?

Ces insectes sont parfois difficiles à éradiquer et il faudra s’armer de patience en étant consciencieux dans la surveillance des plantes atteintes mais plusieurs solutions existent pour nous aider à lutter contre les thrips.

La lutte mécanique est la plus facile à mettre en place en douchant les plantes pour éliminer les insectes que l'on voit par exemple ou en taillant les parties les plus atteintes. Une mise à l'extérieur à la belle saison peut aussi être une alternative efficace. Cela permet de faire redescendre la pression des ravageurs quand on détecte leur présence en attendant de réfléchir à mettre en place d'autres moyens de lutte. Les pièges englués bleus ou jaunes suivant les espèces sont plutôt un indicateur de présence plutôt qu'un réel outil de piégeage.

Concernant les produits chimiques, cela fait de nombreuses années que c'est prouvé qu'ils n'ont que peu d'impact sur ces insectes. Quant aux produits "naturels", la plupart n'ont qu'une action très limitée sur les thrips et représentent un danger non anodin en intérieur comme la pyréthrine ou encore l'huile de neem qui est un perturbateur endocrinien. La recette magique (voir les ingrédients ici) peut donner de bons résultats en vaporisation sur les larves mais son action est parfois limitée sur les adultes et elle est nulle sur les œufs.

 

La lutte biologique est une solution efficace mais il faudra déterminer précisément l’espèce présente pour trouver la réponse adéquate. Le plus courant est l’utilisation d’acariens prédateurs comme Amblyseius swirskii, Amblydromalus limonicus et Neoseiulus cucumeris. Ces différents auxiliaires sont à utiliser suivant les conditions de culture mais les sachets "nurserie" restent la technique la plus adéquate en intérieur grâce à sa facilité de mise en place et son action sur plusieurs semaines. Les punaises prédatrices Orius ou encore les larves de chrysopes peuvent être des alternatives mais parfois peu efficaces chez les particuliers.

Par contre, l’utilisation des nématodes doit être mise en place seulement si l'espèce de thrips identifiée fait bien une partie de son cycle dans le substrat et ce n'est pas le cas de toutes les espèces. Quant au remplacement intégral du substrat, je trouve cela excessif en intérieur car il engendre un stress supplémentaire à la plante pour une action nulle si l'insecte en question ne va pas dans le sol.

Pour finir, je n'insisterais jamais assez sur le fait qu'il faut réfléchir, en parallèle des actions de lutte, à comment améliorer les conditions de culture car une plante en bonne santé n'aura pas d'invasion de bestioles.

Quelques photos
dégâts typiques sur un croton
dégâts typiques sur un croton
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dégâts sur le dessus d'une feuille
dégâts sur le dessus d'une feuille
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dégâts sur une feuille de poinsettia
dégâts sur une feuille de poinsettia
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attaque sur des fleurs de Kalanchoe
attaque sur des fleurs de Kalanchoe
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traces typiques
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dégâts importants
dégâts importants
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attaque sur un Phalaenopsis
attaque sur un Phalaenopsis
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larves
larves
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larves
larves
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larves et adultes
larves et adultes
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traces typiques
traces typiques
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Echinothrips americanus
Echinothrips americanus
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Echinothrips americanus
Echinothrips americanus
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cycle biologique (Inra)
cycle biologique (Inra)
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adulte
adulte
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dégâts sur une feuille de Philodendron
dégâts sur une feuille de Philodendron
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dégâts sur Tradescantia spathacea
dégâts sur Tradescantia spathacea
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Heliothrips haemorrhoidalis
Heliothrips haemorrhoidalis
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Adultes et larves au revers d'une feuille
Dans ma jungle...

Chez moi, je suis régulièrement confrontée à des attaques de thrips dans mes plantes d'intérieur, le plus souvent en été. La plupart du temps, cela n'impacte pas mes plantes tropicales car la présence reste limitée. Dans ce cas, il suffit de tuer les insectes que l'on rencontre, voire de mettre en place des sachets d'acariens prédateurs si on sent que la pression devient plus importante. Je fais quelques commandes au cours de l'année en mode préventif pour assurer un travail presque permanent des auxiliaires si je vois régulièrement des thrips dans ma jungle.

En cas d'attaque plus importante, je douche les plantes pour faire une lutte mécanique et éliminer les insectes que je vois. Il m'arrive aussi de tailler les parties les plus infestées. Si la plante est difficilement manipulable, la recette magique peut être une solution en vaporisation pour éliminer les larves. Mais le plus important pour venir à bout de ces bestioles est de voir comment améliorer les conditions de culture. Il n'est pas toujours facile d'identifier où on a fait des erreurs mais il peut être intéressant de bouger la plante pour lui offrir plus de lumière et de voir si l'arrosage peut être optimisé. Par contre, je ne rempote pas les plantes infestées car cela leur apporterait un stress supplémentaire pour rien car l'espèce présente chez moi ne fait pas son cycle biologique dans le substrat mais reste sur le feuillage.